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4ème de couv' 

Dans la cellule 203, ils sont quatre : Jacky Coutances a probablement tué trois de ses amoureuses; Sergueï Kazmarek a rendu hémiplégique une jeune mariée ; Pierre-Marie Poupineau a un goût immodéré pour les petits enfants. Et Sébastien Biche, instituteur fragile, a, dans un moment d'épuisement et de folie, tué son bébé en lui cognant la tête contre la cheminée. Dans la 108, croupit Corinne Lemonnier, monstre femelle qui offrait ses neveux et ses nièces aux plaisirs sadiques de son amant. Jacky aime Corinne et Corinne aime Jacky. Ils ne se connaissent que par les mensonges amoureux qu'ils échangent en hurlant, chacun collé aux barreaux de leur fenêtre respective. Ainsi va la prison, entre crises d'amour et coups de démence, le ronronnant barnum de la cabane aux forcenés…

 

Mon avis 

On suit une petite période de la vie de quelques détenus entre les départs et les arrivés des autres incarcérés.  Dans cette prison on y est à la fois amoureux, torturé, violé, déprimé et plein d'espoir. Les coups de mains ne sont jamais donnés gratuitement, tout a un prix et tout se paye. A la moindre contrariété on s'accorde une petite vengeance bien sentie. En définitive, chacun pour soi. 

On rencontre des gens qui ont craqué à un moement donné et qui se retrouvent là sans trop comprendre ce qui leur arrive. 

Ici le langage est cru. Ne vous attendez à des métaphores, périphrases et autres figures de style pour parler du milieu carcéral. 

 

Justement, dans ce milieu, il y a des règles, officielles bien évidemment et d'autres codes officieux connus de tous. On a par exemple un petit aperçu de ce qui arrive aux "pointeurs". Si vous êtes inculpés pour avoir touché à un enfant ne vous attendez pas à passer un séjour calme. Les détenus se donnent ainsi une illusion de morale et se rassurent en se disant qu'on trouve toujours pire que soi. 

Une grande place est accordée à l'histoire d'amour entre Corinne et Jacky. Et oui on peut aussi s'aimer en prison. 

 

Le style de Jean Teulé, je crois l'avoir déjà dit, est fluide, très agréable à lire. Je dirais que ses histoires coulent sur le papier, il n'y a pas d'accrocs. Et en plus, c'est un auteur français. Alors que demande le peuple ? Oui parce que niveau auteur français, je suis un peu en rade.

 

L'impression  qu'il me reste de ce livre est une fenêtre qui s'ouvre et qui se referme sans commentaires particuliers. On assiste simplement à un temps de vie. Ce qui laisse par conséquent au lecteur la possibilité d'en penser ce qu'il veut. 

Même quand un pointeur en vient à trouver un subterfuge pour échapper aux autres détenus, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Bon si ce n'était pas un roman mais un témoignage je ne sais pas si ça aurait été la même chose. 

 

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