Je n'apprécie pas beaucoup le personnage d'Amélie Nothomb. Je veux dire par là que quand je tombe sur une de ses interview je zappe parce que je n'arrive pas à accrocher à ce qu'elle dit. Mais les deux romans que j'ai pu lire d'elle sont tout à fait interessants. 

 

Je vous parle aujourd'hui de Antéchrista

 

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4ème de couv'.

 

Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. Comptons sur la romancière de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française) et de Robert des noms propres pour mener à son terme cet affrontement sans merci, et nous donner du même coup un livre incisif, à la fois cruel et tendre, sur les douleurs de l'adolescence.


Ce que j'en pense. (beaucoup de bien)

 

Soyons clairs de suite, j'ai adoré. Voyons donc en détails pourquoi. 

Tout d'abord, je comprends le désir de Blanche dans les premières pages à vouloir avoir Chrtista comme amie. On a tous eu au moins une fois une personne dont on a voulu être l'amie. J'ai moi même à mon grand âge de 23 ans encore une personne dont je souhaiterais être encore plus proche, la voir plus et plus compter pour elle. C'est ce qui arrive à Blanche. Mais la Christa dans l'intimité n'est pas du tout la même que la Christa dont elle a voulu se rapprocher. 

Amélie N. soulève aussi la question de savoir pourquoi on choisit toujours des personnes que l'on pense supérieures à nous pour être nos amies ? Comme s'il était plus facile de gérer un complexe d'infériorité que de supériorité. 

 

En effet, à partir du moment où Blanche introduit Christa chez elle, dans sa famille, elle devient pour elle Antéchrista. La reine de la méchanceté et de la mauvaise foi. Ainsi, elle l'oblige dès la première fois à se dénuder devant elle. Amélie N. décrit parfaitement la violence que ressent Blanche à ce moment là. 

Elle va tout faire pour lui pourrir la vie, la priver de n'importe quel petit bonheur que peut avoir Blanche en la ridiculisant sans cesse. 

 

Le pire de tout dans ce livre c'est l'attitude des parents de Blanche. Ils placent Christa (puisqu'en présence d'autrui elle est Christa et pas Antéchrista) sur un piedestal et ne cessent de rabaisser Blanche en comparaison.  J'ai resentit une telle colère pour ces parents qui ne se rendent pas compte de ce qu'ils infligent à leur propre fille. La douleur de voir quelqu'un d'extérieur prendre peu à peu notre place sans que personne de s'y oppose et finir par se faire humilier par ses propres parents. 

J'ai ressentit la manière de Christa de s'imposer dans la famille de Blanche comme un viol de son intimité, de sa vie privée, viol consentit et soutenu par ses parents. 

L'attitude des parents se résume très bien par la parabole de l'enfant prodigue. Mettez à part la dimension religieuse si vous le voule, elle est riche d'enseignement. 

 

 

Minute culturelle 

Un homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père : "Mon père, donne-moi la part du bien qui me doit échoir." Ainsi, le père leur partagea son bien. Et peu de temps après, ce plus jeune fils ayant tout amassé, s'en alla dehors dans un pays éloigné, et il y dissipa son bien en vivant dans la débauche. Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande famine en ce pays-là ; et il commença à être dans l'indigence. Alors il s'en alla, et se mit au service d'un des habitants de ce pays-là, qui l'envoya dans ses possessions pour paître les pourceaux. Et il eût bien voulu se rassasier des carouges que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. Etant donc rentré en lui-même, il dit : Combien ya-t-il de gens aux gages de mon père, qui ont du pain en abondance ; et moi je meurs de faim ! Je me lèverai, et m'en irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes domestiques. Il partit donc, et vint vers son père. Et comme il était encore loin, son père le vit, et fut touché de compassion ; et courant à lui, il se jeta à son cou et le baisa. Et son fils lui dit : "Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils". Mais le père dit à ses serviteurs : "Apportez la plus belle robe et l'en revêtez ; et mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ; et amenez un veau gras et le tuez ; mangeons et réjouissons-nous ; parce que mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, mais il est retrouvé.
Et ils commencèrent à se réjouir. Cependant son fils aîné, qui était à la campagne revint ; et comme il approchait de la maison, il entendit les chants et les danses. Et il appela un des serviteurs, à qui il demanda ce que c'était. Et le serviteur lui dit : "Ton frère est de retour et ton père a tué un veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne santé". Mais il se mit en colère, et ne voulut point entrer. Son père donc sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père : "Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais contrevenu à ton commandement, et tu ne m'as jamais donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis. Mais quand ton fils que voici, qui a mangé tout son bien avec des femmes débauchées, est revenu, tu as fait tuer un veau gras pour lui". Et son père lui dit : "Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. Mais il fallait bien faire un festin et se réjouir, parce que ton frère que voilà, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu , et il est retrouvé.

Fin de la minute culturelle.

 

Je disais précédemment que Antéchrista en plus d'être méchante était la reine de la mauvaise foi. En effet, alors qu'elle harcèle (moralement) clairement Blanche, elle reproche à cette dernière d'être ingrate et de ne pas voir tout ce qu'elle fait pour elle. Que faire quand quelqu'un est dans l'erreur mais qu'il est intimement sûr de ce qu'il avance ? 

 

Je me suis posée la question à un moment de savoir si Blanche allait penser au suicide. Dans sa situation j'ai eu l'impression que ça aurait été la seule solution à envisager. Mais a priori je ne pense pas comme elle puisqu'elle va reprendre le dessus et se rebeller contre sa tortionnaire. 

 

 

Il se lit très facilement et vite (151 pages). J'ai donc beaucoup écrit pour un si petit livre mais cette histoire m'a vraiment touchée et correspondait à des sentiments que je peux avoir. 


Attendez-vous à avoir pas mal de revues sur Amélie N. parce que cet été je vais en lire un maximum parce que j'aime vraiment son style d'écriture, c'est fluide et clair mais dans un langage plutôt soutenu (je veux dire par là qu'il y avait certains mots que je ne connaissais pas). 

 

Voilà voilà voilà :) N'hésitez pas à me donner votre avis ! 

 

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