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Quatrième de couv' (de l'édition Albin Michel)

 

Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle

 

 

Résumé


Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.

Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

Les jeux du cirque modernes : téléréalité, voyeurisme, ignominie, bonne conscience, dénonciation moralisante y ont partie liée. Un monde de bêtise et de cruauté, d’hypocrisie bien-pensante où l’individu a perdu toute liberté d’agir puisque tout est récupéré, où même la dénonciation du système appartient au système. Et cependant qui dit victime dit désir de sauver sa peau. En premier chef de reconquérir la faculté de nommer, le début de l’humanité selon Nothomb…

 

 

Mon avis

 

Le récit commence par une scène de rafle à destination d'un camp très ressemblant aux camps nazi mais avec en plus la présence de nombreuses caméras de télévision.

Ce qui se passe dans ce camp est retransmis à la télévision dans l'émission si bien nommée : "Concentration".

 

Les détenus du camp ont été raflés que parce qu'ils étaient là au mauvais endroit au mauvais moment, pour aucune autre raison particulière.

Les kapos, leurs matons, se sont portés volontaires et se font même interviewés à la télévision.

 

Ils peuvent être filmés à tout moment sans savoir quand exactement, cela me fait penser aux prison avec un système panoptique. 

 

La minute culturelle : le système panoptique

La prison panoptique est conçue comme un système, une machine à punir, car le détenu, totalement isolé, ne peut échapper à une surveillance omniprésente. 

 

Zneda, une kapo particulièrement contente d'être là et obéissante aux ordres va être passionnée par une détenue : Pannonique (je vous épargne son numéro de matricule qui sert à identifier les détenus à l'intérieur du camp). Pannonique est belle et rebelle, elle n'accepte pas la situation dans laquelle les détenus se trouvent, se bat pour conserver son statut d'être humain, et s'évertue à aider ses semblables. Elle a par conséquent pur seul but l'évasion du camp.  

Obnubilée par sa beauté et son caractère, Zneda cherche à se rapprocher de Pannonique afin de lui accorder quelques privilèges.

 

 

Un bon Amélie Nothomb. Un thème pas forcément très original mais agréable à lire. Il y a toute une discussion sur qui est responsable de ce genre de programme télévisuel et de tout ce qui du registre de la violence dans les médias. Est-ce que c'est ceux qui y pensent, ceux qui le financent et le réalisent, les politiques qui les autorisent ou ceux qui le regardent ?

J'ai bien aimé ces différentes réflexions.

J'ai aussi apprécié la manière de présenter le plaisir qu'un individu peut prendre à faire souffrir d'autres personnes sans raison.

 

Pas le meilleur Nothomb que j'ai lu, enfin pas mon préféré mais comme je l'ai déjà dit, un bon Nothomb. 

 

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